CHAPELLE

         SAINT FRANÇOIS

                          D’ASSISE

  

Une chapelle pour un quartier !

                  Inutile de remonter très loin dans le temps pour retracer l’historique du quartier; mais au fait de quel quartier parlons-nous? Considérons l’enclave dans un triangle: Au sud la Chartreuse, la gare, à l’ouest le chemin de Chèvre Morte, au nord-ouest la rue des Perrières, la rue des Marmuzots, avec quelques appendices.

Dans les années 1920-1925, les carrières Bacquin fournissaient la pierre de taille nécessaire à la construction des villas des beaux quartiers : quelques maisons bordent la route de Paris, face à la Chartreuse, et le long de la trouée SNCF, dans le « Clos Moncel » où l’on parquait les moutons avant de les conduire à l’abattoir.

En 1925, première phase de construction, justement dans le « Clos Moncel », on bâtit de nombreuses maisons jumelées, toutes identiques, donnant sur une rue sans tenant ni aboutissant: la rue Albert Gayet, et, en même temps, se développèrent les rues Cyprien Monget et Charles Lahaye ainsi que le futur boulevard de l’ouest.

Jusqu’en 1954-1955, les enfants du quartier étaient scolarisés à l’école Darcy, Boulevard de Sévigné, et pour le catéchisme du jeudi, Monsieur PERAD fermait l’épicerie-buvette, et son café devenait salle de catéchèse !

Peut-être est-ce lié à l’électrification de la ligne Paris-Lyon, à la disparition des fumées noires, mais c’est autour des années 1950-1958 que se développe l’urbanisation du quartier avec l’immeuble Bagatelle, le 11 rue de Bellevue, l’agrandissement des cités SNCF, le développement du quartier pavillonnaire autour de la rue Auguste Drouot.

La salle de Monsieur PERAD ne suffit  plus pour la catéchèse, et les résidents demandent à Monsieur le Curé de Saint-Bénigne d’alors, le Père BOURDOT, un lieu de culte pour ce nouveau « petit village »

La SNCF était bien disposée à prêter une salle aux carrières Bacquin, salle à laquelle il ne faut surtout pas donner de nom, de peur qu’elle ne devienne chapelle.

La salle s’appellera finalement Saint François d’Assise, et le Père BILLECOQ en assurera la Pastorale, sous l’égide de la cathédrale de Saint-Bénigne.

En septembre 1963, le Père BILLECOQ célèbre la première messe dans le sous-sol de la chapelle actuelle, et à cette occasion, fait ses adieux à une communauté de jeunes parents et à beaucoup d’enfants et d’adolescents, heureux d’avoir en sous-sol, un vrai lieu de culte.

Jacques VOILLERY lui succède et autour de lui la communauté de Saint François d’Assise reste active; elle ne repose pas que sur des fondations; Les parents sont bâtisseurs et les jeunes se retrouvent au club des 14-18; toute une époque ! Chaque dimanche, le groupe anime la célébration, mais aussi, une fois par mois, déplace l’autel et les bancs pour préparer la piste de danse de l’après-midi, ou aménage le cercle propice à des débats animés. Les kermesses se succèdent, et c’est en 1966 que la communauté emménage dans la chapelle actuelle, enfin terminée, résolument moderne et lumineuse.

Ce fut un grand jour, une immense joie pour tous les habitants du quartier et leurs amis. La fin de la construction, la bénédiction des lieux n’ont pas, loin de là, amoindri le dynamisme de la communauté autour des Pasteurs qui se sont succédés: les Pères BILLECOQ  et J. VOILLERY, Michel MILLET et le Père CADET, Paul CHADEUF, puis Jean-Paul DEVEDEUX accompagné du Père DEMAIZIERE, J-J AUMEUNIER, le Père BAUDOT, le Père ROY, le Père GAGEY, et plus tard le Père Jacques DELABORDE.

Cet historique s’arrête en 1970; après c’est le présent, le vécu d’aujourd’hui.

Pourtant pour conclure, il faut souligner cette constance dans l’engagement, cette détermination à construire, due probablement à la symbolique de Saint-François d’Assise.

Moderne et lumineuse, mais aussi reposant sur trois piliers, les piliers trinitaires des trois identités franciscaines « Paix, Joie et Fraternité », la chapelle interpelle: Personne ne peut y pénétrer sans se sentir guidé par la conjonction de deux flèches indiquant, l’une la direction vers les hommes, l’autre la direction vers les Cieux. Mais essayez  donc de suivre l’une sans suivre l’autre ; à Saint François d’Assise, c’est impossible, « aller vers les hommes » implique forcément de passer par la Parole, l’autel du partage, le feu de Dieu. Aller vers Dieu exige de passer par les hommes.

Une cloche, pour une chapelle sans voix !

Le campanile, érigé lors de la construction de la chapelle, restait jusqu’en 1979, un monument sans voix: il n’y avait pas de cloche. Le départ des sœurs du CarmeI pour leur nouvelle maison de Flavignerot permit, en 1979, l’achat de la cloche de leur chapelle et la pose de celle-ci si longtemps attendue. Son transport – elle pesait 250 kg - se fit avec des moyens de fortune, en empruntant dans un premier temps les greniers et les escaliers des étages du Carmel, puis dans un deuxième temps, un camion pour l’acheminer jusqu’à la chapelle. Pour assurer l’achat de la cloche et son installation définitive, un concert fut organisé dans la chapelle et un millier de petites clochettes furent vendues.

Maintenant, chaque dimanche, MARIA­PIA-ISABELLA sonne pour le Seigneur, en conviant à l’office les habitants du quartier et en leur annonçant le moment de la consécration.

Une association : source de vie

L’association Saint François d’Assise, initialement nommée «  Les Petits Frères de Saint François d’Assise », est créée le 15 février 1982, sous forme d’association Loi 1901, par Henri CADET, disciple zélé du saint, secrétaire dévoué et infatigable de la cure de Saint Bénigne. Ce laïc, homme joyeux,  rayonnant, chaleureux, aimant le contact, artiste peintre à ses heures, vouait une grande admiration à Saint François d’Assise. Il calqua sa vie sur celle de ce saint avec piété et modestie, au point de ne vouloir rester que le secrétaire de l’association qu’il créait.

Les premiers objectifs de l’association furent : apporter aide sociale et morale aux personnes isolées, agées ou dans le besoin, animer des rencontres, organiser des voyages, concerts, spectacles et  proposer toutes actions dans l’esprit de fraternité de Saint François d’Assise. Depuis ces missions se sont centrées sur l’animation liturgique de la communauté et l’organisation matérielle de la chapelle. Dans l’esprit de son fondateur, cette Association laïque au service de l’Eglise, a voulu être le pivot, fraternel et vivant de cette petite Communauté Saint François d’Assise. Elle a su se prendre en charge et organiser les liturgies, lors des absences de pasteurs de la cathédrale Sainte Bénigne dont elle dépendait, et solliciter différents prêtres pour ses offices du dimanche. Cet isolement momentané a été le ferment d’une vitalité et d’une maturité qui explique peut être aussi son exigence sur la qualité des célébrations.

Un lieu de vie et de rencontres

En 1979, si la construction de la chapelle était terminée depuis quelques années, il n’y avait pas de salles aménagées pour assurer  la catéchèse des jeunes et les diverses réunions. A la demande du Père Paul CHADEUF, et sous la responsabilité de Jacques VINCENT, fut constituée une équipe d’adultes ayant pour mission de réaliser quatre salles de réunion, deux salles de rangement et un sanitaire. Ces travaux faisaient appel à tous les corps de métier (maçonnerie, menuiserie, carrelage, électricité, plomberie, sanitaire, chauffage, peinture et décoration) Les ouvriers, membres de la Communauté, loin d’être des spécialistes du bâtiment, ont retroussé leurs manches pendant de nombreux samedis pour réaliser les locaux que l’on utilise à ce jour. Ce travail d’appropriation de la chapelle, a rassemblé des personnalités très différentes, a facilité l’écoute et soudé plus fortement les amitiés.

Depuis juin 2006, à la demande de son évêque Roland MINNERATH, la Communauté Saint François d’Assise, reste dans ses murs, mais a quitté sa maison mère, la Paroisse Saint Bénigne et son curé le Père Paul CHADEUF, pour se rattacher à la Paroisse Saint Bernard, sous la responsabilité de son pasteur officiel, le Père Vincent RICHARD. Depuis ce rattachement, elle accueille également une autre communauté, conduite par le Chanoine GAGEY, ancien curé de la cathédrale, venu à sa retraite, animer une petite communauté de fidèles amis, à proximité de saint Bernard. Ces deux communautés oeuvrent maintenant ensemble pour la paroisse de Saint Bernard et la chapelle Saint François d’Assise. Cette volonté d’ouverture, de rencontres et d’amitiés nouvelles, reste un signe vivant de l’esprit de Saint François d’Assise.

 (Présentation par le Dr Henri BASTIEN, Président de l'Association Saint-François-d'Assise)