François POMPON
1855-1933

 

En cette année 2004 , soixante-dix années nous séparent du jour où le grand sculpteur animalier que fut François Pompon venait de s’éteindre. Il n’y avait qu’une dizaine d’années qu’à cette date il était connu du public et devenu le maître incontesté de cet art.

Ce succès foudroyant avait été assuré au Salon d’Automne de 1922 par l’exposition de son Ours Polaire.

 

En réalité, cette consécration tardive représentait l’apothéose d’une vie de travail entièrement et quotidiennement consacrée à sa vocation de tailleur de pierre dont le cheminement intérieur le conduisit à cette démarche créatrice de sculptures animalières.
 

Son origine :

François Pompon et son frère jumeau Hector sont nés le 9 mai 1855 à Saulieu, petite ville étape de Bourgogne à la croisée de quatre départements, à l’orée des forêts morvandelles.

Le père, Alban Pompon, menuisier ébéniste avait réalisé son Tour de France de Compagnon. Avec son épouse Claudine, leurs deux filles et leurs fils jumeaux, il avait fondé son foyer à Saulieu.

 

Formation à Dijon :

Dès l’âge de seize ans, François fut envoyé à Dijon où, apprenti tailleur de pierre de monuments funéraires durant la journée, il suivait les cours du soir de l’Ecole des Beaux Arts sous la direction de Célestin Nanteuil et du Professeur Dameron. Cette remarquable formation était complétée par la fréquentation de la bibliothèque de l’Ecole et celle du grand Musée Dijonnais, riche d’œuvres prestigieuses.

 

Paris :

A l’âge de vingt ans, François Pompon quitta Dijon pour s’installer à Paris où son emploi de tailleur de pierre au cimetière Montparnasse lui permettait de suivre les cours du soir à l’Ecole nationale des Arts décoratifs (sous la direction d’Aimé Millet de Caillé) où il rencontra Rouillard, sculpteur animalier.

Rue Campagne Première François Pompon installa un très modeste atelier où il vécut avec son épouse Berthe. Il devait prendre sur ses heures de sommeil pour modeler en argile ses premières « terres cuites » dont la plupart sont exposées au Musée de Saulieu.

 

Les ateliers privés :

A son enseignement de l’Ecole s’ajouta le stage indispensable dans un atelier privé. Antonin Mercié, Falguière et René de Saint-Marceaux sollicitèrent ce praticien dont la compétence était déjà reconnue.


Les différents séjours qui lui furent proposés à Cuy-Saint-Fiacre (Seine Maritime) où René de Saint-Marceaux possédait sa propriété et son atelier, furent des moments heureux d’une fructueuse collaboration et d’une amitié très fidèlement partagée. C’est à Cuy-Saint-Fiacre que Pompon, après la guerre, exécutera en 1921 son unique monument aux morts.(Œuvre magnifique et moderne taillée dans un seul bloc de grès, elle est érigée dans le cimetière non loin de la tombe des époux Baugnies de Saint-Marceaux.)

 

Les œuvres personnelles :

En 1881 Pompon réalise le buste de son frère jumeau Hector, dont le style romantique de l’époque témoigne de sa capacité de traduire la polyvalence de son talent de sculpteur. Il en donnera de nouvelles preuves en 1888 avec l’œuvre de Cosette achetée par l’Etat alors qu’en 1886 il avait obtenu une mention honorable au salon avec l’admirable buste en marbre blanc de Sainte-Catherine (musée de Saulieu).

 

Rodin :

De 1886 à 1896 les qualités évidentes de François Pompon n’ayant pas échappé à Auguste Rodin, celui-ci comptera désormais comme le meilleur des praticiens du grand Maître. Dix années d’un travail intensif pour des œuvres de marbre ou de bronze monumentales, sous le couvert anonyme du praticien.

 

Après la grande guerre :

1914-1918, de nombreux deuils priveront François Pompon de ses parents, ses amis, ses maîtres et lui feront traverser une période particulièrement difficile. Pompon, désormais sans travail et devenu veuf doit donner une nouvelle direction à ses créations artistiques.

 

Le Muséum :

Ses visites quotidiennes au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, aux animaux de la ménagerie l’aideront à redonner un sens à sa vie. Il saisit, sur le vif, de minuscules ébauches en argile qu’il façonne avec un naturalisme passionné. Dans son atelier il reprend ses premiers essais, les transcrit dans le plâtre, les perfectionne, les agrandit…Jusqu’au jour où son Ours Blanc exposé au Salon d’Automne , en grandeur naturelle, en 1922 couronnera sa vocation d’artiste animalier. Les proportions de l’Ours sont respectées sans aucune déformation. L’accent est porté sur les formes essentielles de l’animal et les modulations imprimées par le mouvement.

La formule-clé de Pompon est concise : « c’est le mouvement et la lumière qui donnent la forme » cette forme n’est jamais abstraite chaque animal est représenté sous l’aspect qui le caractérise le plus et dans l’attitude la plus naturelle qui soit. 

 La beauté attachante des œuvres de Pompon ne réside pas seulement  dans la perfection de sa technique mais surtout dans son acte de  création spontanée qui parvient à transmettre et faire partager son  amour de la vie.


La gloire :

Fait Chevalier de la Légion d’Honneur en 1926, Pompon recevra la rosette d’Officier en janvier 1933 quelques mois avant sa mort survenue le 6 mai de cette même année.


Le 11 mai son inhumation a lieu à Saulieu auprès de son épouse et de ses parents. La tombe, très modeste, est surmontée d’une pyramide de ciment (offerte par son fidèle praticien Berthault). Au dessus, hiératique, le bronze du
Condor veille au repos éternel de son sculpteur.

 

Le testament :

Le 5 juin 1929, François Pompon avait rédigé un testament olographe par lequel il léguait tout son œuvre à l’Etat. Un exécuteur testamentaire nommé, selon la loi, pour une année, avait pour mission de faire respecter et appliquer toutes les volontés du défunt.

© Léone PIA-LACHAPELLE
Présidente de l'Association François Pompon - Saulieu
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